
Du Basketà la Lame
Certains parcours ne suivent pas de lignes droites — ils se bâtissent dans les détours.
Yoann — connu de tous comme Yayocuts — est de ceux-là. Pas parce qu’il s’est perdu, mais parce qu’il n’a jamais cessé d’avancer. À 31 ans, il porte déjà plus de treize années façonnées par la persévérance et des décisions prises sans filet. Un chemin que personne n’a tracé pour lui. Il l’a créé — la lame à la main.
Né en Côte d’Ivoire, avec des racines en Guinée, son enfance est bouleversée par la guerre civile, qui force la famille à partir. L’exil devient réalité — quelques années à Montpellier, en France, puis un nouveau départ : le Québec. Un avenir à rebâtir de zéro, sur deux piliers : les études et le sport. Le CÉGEP, puis l’université — un baccalauréat en psychologie, éducation et orientation. Un parcours sérieux, profondément humain, qui n’avait, sur papier, rien à voir avec la coupe. En parallèle, il joue au basketball — pas un passe-temps, une discipline.

l’homme
Un geste simple qui change tout
À Alma, puis à Québec, dans le monde du basketball, Yoann se met à couper les cheveux. Pas pour bâtir une carrière — pour combler un vrai besoin : des coéquipiers qui ne pouvaient pas toujours redescendre à Montréal pour une coupe. Alors il dépanne. Pas de salon, pas de formation, pas d’équipement. Mais dès le départ, une chose le distingue : le sérieux. Il teste sur lui-même avant de toucher à quiconque, derrière une seule règle :
- Respect du client
- Respect du métier
- Respect de soi
Très vite, il comprend que couper les cheveux touche à quelque chose de plus profond — l’identité, l’image, la confiance.

le métier
Quand la passion dépasse le plan
Avec la pratique, ce qui commence comme un service devient un rendez-vous, puis une habitude, puis une passion. Ses études parlaient des gens — d’écoute, de compréhension — et sans s’en rendre compte, il appliquait déjà ces principes dans le fauteuil, transformant une journée ordinaire en un moment dont on repart en se sentant mieux. Il travaille en salon — notamment chez Medex à Québec — affûtant la technique, gagnant en précision. Là, il ne dépanne plus. Il se construit.
Assumer sa route
De retour à Montréal, la question devient incontournable : rester sur la route sûre, ou assumer pleinement ce qui le brûle. Yoann choisit d’assumer — sans confort, sans raccourcis. Il commence dans le salon de sa mère. Puis transforme une pièce d’appartement en studio. Il avance par étapes, avec patience et stratégie. Jusqu’au jour où il ouvre son propre salon.

la maison
Inspirer, avant tout
Avec le temps, le travail attire l’attention. Il coiffe des artistes et des athlètes internationaux. Il bâtit une équipe. Il joue encore au basketball — parce que ça fait partie de lui. Ce que Yoann veut vraiment, ce n’est pas seulement réussir. C’est inspirer — montrer que les parcours ne sont pas toujours linéaires. Qu’on peut changer, découvrir, prendre un virage, et que ce n’est pas un échec. C’est de l’écoute.
- Joé Dwèt Filé
- SDM
- Ruger
- Bramsito
